15
ans après avoir été sur le point d’être
arrêté par les autorités belges, l’actuel ministre de la justice et ancien
mobutiste Alexis Thambwe Mwamba est de nouveau dans les collimateurs de
l’ancienne puissance coloniale. C’est la folle histoire d’un ancien mobutiste,
devenu Kabiliste, bien avant d’être passé par un mouvement rebelle dirigé par
le Rwanda, éternellement visé par la justice belge dans des dossiers
rocambolesques. Nous sommes en décembre 2002. A l’époque, les belligérants
congo-rwando-ougandais de la guerre du Congo viennent de mettre un terme à
plusieurs années d’intenses combats qui ont ravagé le pays. A Sun City, un
accord est trouvé: un gouvernement d’union nationale va être mis en place,
suivi d’un partage des postes.
Pour autant, le 8 janvier 2003, à Bruxelles, un affaire éclate.
Elle implique un certain Alexis Thambwe Mwamba. “En cas de visite en Belgique,
il pourrait être arrêté“, annonce la presse belge. “Le suspect a déjà été
ministre sous Mobutu. L’argent issu du trafic de coltan sert à financer la
rébellion“.
Le différent qui oppose la justice de l’ancienne puissance
coloniale et le cadre du Rassemblement congolais pour la Démocratie (RCD) est
sérieux. Il tourne en effet autour du Coltan, le minerais très puisé à travers
la planète, à l’origine du conflit le plus meurtrier au monde depuis la seconde
guerre mondiale. Lui, Alexis Thambwe, est alors accusé d’avoir blanchi de
l’argent provenant de la vente de ces minerais pour la rébellion rwandaise du
RCD.
A Bruxelles, l’initiative peu banale et forte en symbole que
celle prise par le juge d’instruction bruxellois Michel Claise en charge du
dossier de trafic international de coltan. Le porte-parole du parquet de la
capitale belge, Jos Colpin, a, en effet, confirmé que le magistrat a
officiellement dénoncé au parquet des pratiques de blanchiment d’argent dans le
chef d’Alexis Thambwe Mwamba.
En effet, explique la presse belge à l’époque, depuis le mois de
novembre, le juge Claise enquête sur un vaste réseau de blanchiment d’argent au
départ du Sud-Kivu congolais. A l’époque, les zones d’extraction du coltan sont
aux mains de la rébellion pro-rwandaise, le RCD. “Selon les informations
recueillies par le magistrat et figurant dans un rapport de l’ONU, l’argent
issu de la vente du minerai transite par la Belgique et retourne ensuite au
Rwanda afin de financer la rébellion, à qui l’on attribue trois millions de
morts“, signalent nos confrères.
A la tête des sociétés d’extraction du coltan se trouve une
femme d’affaires placée par le RCD Goma, Aziza Kulsum, contre laquelle le juge
Claise a lancé un mandat d’arrêt international pour blanchiment. Ainsi qu’à
l’encontre de toute sa famille d’ailleurs. “Dernièrement, en étudiant les
comptes bancaires d’Aziza Kulsum, qu’il a fait bloquer, le magistrat, comme le
confirme le parquet, a constaté que Mme Kulsum a versé des fonds très
importants à un membre de la rébellion, Alexis Thambwe Mwamba“,
“Les faits dénoncés au parquet, il reviendra à ce dernier de
saisir le juge des poursuites à l’encontre du ministre. Le parquet doit aussi
informer le ministère des Affaires étrangères belge des constats opérés par le
magistrat afin qu’il en informe à son tour les autorités congolaises. Auquel
cas, si le ministre ne possède pas de passeport diplomatique, il pourrait être
arrêté sur le territoire belge en cas de visite“, explique encore nos
confrères.
Mais Alexis Thambwe ne sera finalement pas arrêté. L’affaire, à
la tournure politique, sera étrangement enterrée. Cependant, 15 ans après, il
semble que la justice belge n’ait jamais oublié l’affront, ni le juge Claise,
qui revient en force. A la suite d’une plainte pour Crime de guerre et crime
contre l’humanité en juin 2017, l’actuel ministre de la Justice est attendu en
Belgique, qui a déjà été convoquer et auditionné serait arrêté par la justice
belge et bientôt il sera à la CPI pour Crimes de Guerre.
Un nouvel épisode de la sage Thambwe Mwamba redémarre.









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